Maisons Familiales Rurales : innover pour développer les territoires
Photo d'illustration
Xavier Michelin, président de l'Union Nationale des Maisons Familiales Rurales (MFR), et Jean-Claude Desmares, président de la fédération des MFR de Haute-Normandie, expliquent les évolutions des MFR et les enjeux du Congrès de Rouen en avril.
Quelles sont les missions des Maisons Familiales Rurales (MFR) ?
Xavier Michelin : Chaque année, les 430 Maisons Familiales Rurales de France forment plus de 70 000 jeunes et adultes aux métiers de la ruralité, de l'agriculture et, au-delà, à tous les métiers qui peuvent répondre à un besoin du terrain et contribuer au développement durable d'un territoire.
Jean-Claude Desmares : La majorité des élèves, soit environ 51 000 jeunes, sont en formation scolaire par alternance, sous conventionnement avec le Ministère de l'agriculture. Les MFR forment également, chaque année, 12 000 apprentis, 2 000 stagiaires en contrat de professionnalisation et 5 000 adultes en formation professionnelle continue. En tout, nous proposons plus de 200 qualifications dans 18 secteurs différents.
Xavier Michelin : Au-delà des chiffres, les MFR reposent, depuis leur création en 1937, sur un socle de valeurs qui fait leur force et leur originalité : la croyance dans les vertus de l'alternance ; un enseignement centré sur le projet de l'élève ou du stagiaire ; une pédagogie qui privilégie l'engagement citoyen, le sens du collectif et l'autonomie ; des formations qui insèrent les jeunes et les adultes dans des métiers durables, au cœur d'une dynamique territoriale ; un accompagnement tout au long de la vie professionnelle ; et enfin une implication très forte des familles dans les projets éducatifs, l'animation et la gestion de la MFR.
Vous organisez prochainement, à Rouen, le congrès national des MFR. Quels en sont les enjeux ?
Xavier Michelin : Le congrès de Rouen est centré sur la problématique « Jeunesse et territoire ». Nous allons réfléchir ensemble et réaffirmer notre engagement sur cette priorité absolue : l'investissement dans l'éducation, dans la jeunesse, comme condition primordiale du développement des territoires et du pays. Par ailleurs ce congrès s'inscrit dans une démarche à long terme. Il sera suivi, en novembre 2013, à Montpellier, d'une rencontre de l'ensemble des MFR, afin de préparer notre projet pour 2015.
Quels devraient être les grandes lignes de ce projet ?
Xavier Michelin : Dans une société qui évolue très rapidement, nous devons réfléchir, innover en permanence pour maintenir à haut niveau nos programmes éducatifs, développer des formations et des apprentissages en phase avec les besoins du territoire, construire des parcours professionnels sur-mesure et un accompagnement sur le long terme, élaborer de nouvelles formes de participation des familles, des parents au projet pédagogique et à l'animation des MFR.
Jean-Claude Desmares : En effet les familles des élèves étaient auparavant agricoles, pour la majorité. Elles comptent aujourd'hui beaucoup de salariés, avec des contraintes, des rythmes de travail différents.
Quelles sont, pour les MFR, les autres évolutions marquantes ?
Jean-Claude Desmares : En l'espace de 20 ans, nous sommes passés d'une formation axée sur les métiers agricoles à une offre éducative très diversifiée, formant à plus de 120 métiers. En Haute-Normandie, par exemple, les 11 MFR ont développé, en plus des filières agricoles, des cursus en adéquation avec les besoins de l'économie locale : optique et lunetterie, environnement et travaux paysagers, élevage canin et félin, service aux personnes, bureautique, etc.
Xavier Michelin : C'est tout l'intérêt des MFR : elles agissent au plus près des acteurs locaux, avec des formations bien ciblées et souvent très innovantes. Pour ne prendre qu'un exemple : l'Ineopole de Brens, en Midi-Pyrénées, pionnière dans le domaine de l'agriculture biologique, a développé une couveuse de maraîchers bio. Les MFR sont par ailleurs très actives dans l'organisation de rencontres professionnelles.
Enfin elles viennent souvent en renfort des petites communes, pour donner des cours du soir, accueillir la bibliothèque municipale ou encore assurer la cantine scolaire, comme cela se fait en Haute-Normandie. Elles sont à la fois un rempart contre la désertification rurale et un catalyseur du développement territorial. Leur activité est donc très variée, en fonction des territoires et de leurs besoins.
Jean-Claude Desmares : Nous insistons également sur la mobilité des élèves, avec une politique de stages à l'étranger très dynamique, qui s'appuie, entre autres, sur un réseau international de 1 200 MFR. En parallèle nous développons de nombreux projets de coopération, notamment avec l'Afrique, et pour les MFR de Normandie avec Madagascar.
Xavier Michelin : C'est aussi, pour les MFR, le moyen de développer l'ouverture d'esprit, le sens des responsabilités et l'engagement citoyen des élèves.
Rencontre avec François Chapuis, Directeur financier d’Apprentis...
Rencontre avec Jean-Michel Lecuyer, drecteur des activités, France...
Interview de Nicolas CLÉMENT, directeur général de l’Uniopss
Entreprendre autrement : le point de vue de Christian Valadou,...
Fondation : 5 étapes pour mettre en place une gestion patrimoniale...
Entretien avec Vincent Marec, Responsable Grands Comptes Santé...
Entretien avec Meriem Fradj, Présidente de l'association Le Mât...
Entretien avec Astrid Boos, Présidente de la Fondation Caisses...
Entretien avec Muriel Deprez, Responsable du Pôle Santé à la...
Christiane Bouchart, présidente du Réseau des collectivités...
« Les fondations, pour innover et agir sur la durée »
Associations : réduire ses frais de fonctionnement
Rencontre avec Robert Baron vice-président d’Uniformation
Rencontre avec Daniel Lodenet, délégué général d’Ekitour et...