Financement

Entretien avec Philippe Gluntz, président de France Angels

Posté le 22.02.13 | 10h00 Imprimer Inscrivez-vous au fil RSS
Philippe Gluntz, président de France Angels Philippe Gluntz, président de France Angels

France Angels, la Fédération Française des réseaux de Business Angels, vient de signer un partenariat avec la Caisse d’Epargne.

Explications et tour d’horizon du métier par Philippe Gluntz, le président de France Angels.

Quel est le rôle de France Angels ?

Tout d’abord, rappelons qu’un business angel est une personne physique qui investit une partie de son patrimoine dans une entreprise innovante à potentiel et qui, en plus de son argent, met gratuitement à disposition de l'entrepreneur, ses compétences, son expérience, son réseau relationnel et une partie de son temps. L’idée vient des Etats-Unis dans les années 80 avec le développement de la Silicon Valley.

En France, ça n’a vraiment démarré qu’en 2000. Mais à cette époque, les business angels en France étaient encore peu nombreux, pas connus, mal organisés. Ils se sont regroupés en associations loi 1901 ou en petits fonds (SIBA – Société d’Investissement de Business Angels) pour investir en commun. La fédération France Angels a été créée il y a une dizaine d’années pour rassembler ces regroupements de business angels de toute la France. Son objectif étant de les aider, de les former, de les faire connaître.

Aujourd’hui, la Fédération regroupe 85 associations et 40 SIBA, pour un total de 4 500 personnes. C’est un niveau comparable à celui des autres pays européens. Et dans ce décompte, n’interviennent pas les business angels individuels, non recensées par la Fédération, qu’on estime à environ 2 000 personnes.

Le business angel est donc devenu un acteur incontournable dans le paysage français du financement des entreprises ?

En période d’amorçage, les sociétés de capital-risque interviennent aujourd’hui de moins en moins en haut de bilan sans compter que la fiscalité devient moins incitative, et que les sources de fonds sont en décroissance. Parallèlement, les banques sont naturellement peu enclines à financer le bas de bilan d’entreprises dépourvues d’historique de chiffres d’affaires.

Par conséquent, les entreprises qui ont besoin d’accélérer leur développement dès les premières années et qui ont épuisé les ressources publiques et associatives, n’ont pas d’autres solutions que de faire appel aux business angels,  sous réserve qu’elles acceptent d’ouvrir leur capital. Résultat : les business angels sont devenus les interlocuteurs privilégiés des entreprises innovantes, d’autant que leur rôle n’est pas seulement d’investir financièrement dans le capital mais aussi d’accompagner et de conseiller.

Depuis 10 ans, la Fédération connaît une croissance régulière de ses membres de l’ordre de 15%. Cependant, l’année 2012, avec ses incertitudes liées aux changements politiques et son augmentation de la pression fiscale, a entrainé un coup de frein qui, espérons-le, ne sera que temporaire.

Qu’est-ce qui a motivé France Angels à se rapprocher du réseau des Caisses d’Epargne ?

Jusqu’à présent, les réseaux de business Angels s’organisaient localement. C’est la première fois que la Fédération des Business Angels met en place un partenariat au niveau national de cette envergure. L’idée est née sur le terrain, dans la région de la Savoie, de la prise de conscience de besoins communs.

L’objectif pour notre Fédération était d’élargir nos partenariats, de mieux nous faire connaître à travers un réseau très implanté auprès de nombreux acteurs économiques dans les territoires, et de réfléchir à de nouvelles sources de financement à l’amorçage et en développement.

Pour les Caisses d’Epargne, ce partenariat leur permet de conforter leur rôle d’accompagnement du développement économique régional et de positionner, auprès de nos structures locales, leur réseau de sociétés de gestion spécialisées en capital-investissement.

Cette initiative originale est donc « gagnant-gagnant » : les Caisses d’épargne peuvent s’appuyer sur les business angels qui font un travail de repérage et d’accompagnement, d’autant plus sérieux qu’eux-mêmes investissent leurs fonds propres ; et la Fédération a trouvé de son côté un partenaire national largement présent sur le territoire et qui bénéficie d’une très bonne image de proximité.

A LIRE AUSSI :

> PME : bien utiliser le crédit d’impôt recherche
Posté le 22.02.13 | 10h00 Imprimer Inscrivez-vous au fil RSS