Dépendance

Un accompagnement à domicile d'un nouveau genre en Corrèze

Posté le 14.02.13 | 11h00 Imprimer Inscrivez-vous au fil RSS
Un accompagnement à domicile d'un nouveau genre en Corrèze

La Fondation Caisse d'Epargne pour la solidarité mène un programme expérimental, M@DO, qui propose un accompagnement personnalisé à domicile des personnes âgées ou handicapées sans rupture de la prise en charge.

Les explications d'Evelyne Sancier, directeur du projet Assistance à l'autonomie à la fondation.

Qu'est-ce qui vous a incité à expérimenter le service d'accompagnement à domicile M@DO ?

Nous sommes partis d'un constat : 90 % des personnes âgées expriment leur volonté de rester chez elles le plus longtemps possible. Or jusqu'à présent, ce désir est occulté. L'offre de services disponible ne le permet pas. Après trois années de réflexion, nous avons donc décidé de lancer un concept innovant de prise en charge à domicile, qui doit permettre de transférer les services proposés par les EHPAD (Établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) au domicile du patient. C'est donc une inversion des logiques : la personne âgée ne va pas vers les services, ce sont ces derniers qui viennent à elle.

Vous avez également souhaité que cet accompagnement soit fortement personnalisé...

Notre expérimentation porte sur quarante personnes du bassin de Tulle, en Corrèze. Et pour elles, nous avons en effet cherché à apporter un accompagnement adapté à leur situation. Les prestations sont personnalisées, tant pour les services de soins que pour ceux relatifs à l'aide ou l'accompagnement. Cela peut comprendre l'entretien du logement, l'accompagnement lors de sorties ou encore le soutien psychologique.

Qu'est ce qui ne convient pas, à vos yeux, dans le modèle actuel de maintien à domicile ?

Malgré la bonne volonté des professionnels et les évolutions positives qui ont été observées, ce modèle apparaît aujourd'hui encore perfectible. Il conduit trop souvent à des ruptures de prise en charge, et cette absence de continuité de service peut parfois être la cause d'une hospitalisation brutale.

Comment allez-vous justement éviter ces ruptures de prise en charge ?

La conjonction de deux éléments va le permettre : la mise à disposition des services de notre plate-forme de téléassistance aux personnages âgées, déjà opérationnelle dans le Limousin, et l'organisation d'une garde itinérante 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Celle-ci pourra par exemple intervenir si quelqu'un a contacté nos services pour un repas non livré. La plate-forme de téléassistance aura donc un rôle centralisateur.

Elle sera en cela innovante : beaucoup de services existent pour le maintien à domicile, mais il y a aussi beaucoup de prestataires et pas de coordination réelle. M@DO sera là pour s'assurer du caractère effectif des services. Et si ce n'est pas le cas, la garde interviendra.

Vous souhaitez être une alternative tout à la fois au maintien à domicile tel qu'il existe aujourd'hui et aux EHPAD. Quelles sont les conditions nécessaires à votre réussite ?

Il faudra que les professionnels concernés fassent preuve d'une grande volonté, d'une forte disponibilité mais aussi d'une parfaite coordination. C'est d'ailleurs l'un des objectifs du projet : permettre un rapprochement des acteurs concernés sur le territoire. A travers cette prise en charge globale à domicile, nous devons également parvenir à faire émerger un nouveau modèle économique.

Nous procéderons à des évaluations tant sur le champ économique, social qu'éthique. Et au-delà, nous déciderons si, passées les trois années d'expérimentation, ce concept convient ou s'il est possible de l'améliorer.

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Posté le 14.02.13 | 11h00 Imprimer Inscrivez-vous au fil RSS