Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des économistes, indique, pour Décideurs en région, les éléments susceptibles de dynamiser en 2012 le secteur de l’immobilier.

Comment voyez vous évoluer le marché français de l’immobilier en 2012 ?

Jean-Hervé Lorenzi – La réponse n’est pas simple car il faut prendre en compte plusieurs éléments souvent contradictoires. Nous sommes en effet dans un pays où, dans le secteur de l’immobilier, la demande est forte et les politiques publiques, du type Scellier, jouent un rôle décisif. Dans le même temps, du fait de la crise, les conditions de financement deviennent plus délicates avec l’augmentation prévisible des taux d’intérêt et les difficultés croissantes à trouver des investisseurs. Enfin, dernier aspect, cette fois positif, l’immobilier apparaît comme une valeur refuge.

C’est pourquoi, pour répondre à votre question, je ne peux me montrer que circonspect. L’évolution du marché dépendra de l’événement majeur qui interviendra.

Quel pourrait être cet événement majeur ?

 Jean-Hervé Lorenzi – On peut imaginer, par exemple, une forte utilisation de l’épargne en faveur de l’immobilier.  Encore faut-il que l’Etat soit clair sur la politique qu’il entend conduire. Pour l’instant, je ne vois pas, dans le budget 2012, ce qui serait, de ce point de vue, déterminant. Il faudrait être capable, notamment, de libérer du foncier ou d’orienter des dispositifs tels que “ le Scellier ” vers les territoires où les besoins en logement sont criants. De même, arriver à faire revenir les investisseurs institutionnels vers l’immobilier qu’ils ont déserté depuis plusieurs années serait également un évènement majeur. C’est possible à condition de leur garantir une certaine pérennité de leurs actions en ce sens.

En définitive, pour stabiliser le marché, il convient de convaincre ces investisseurs tout en ayant une politique fiscale active. Qu’il s’agisse du logement ou du bureau, l’immobilier est un secteur d’activité très important parce qu’il concerne l’ensemble du territoire. Le futur président de la République, quel qu’il soit, devra s’en soucier.

La crise économique et financière ne risque-t-elle pas de peser sur le marché du bureau ?

Jean-Hervé Lorenzi – Nous n’avons pas encore de perception claire sur ce qu’elle sera. Nous ne sommes encore qu’au début du ralentissement de l’activité. Mais une croissance autour de 1 %, ce n’est pas la fin du monde ! Les entreprises chercheront cependant à réduire leurs frais généraux et, pour cela, à déménager dans des immeubles moins onéreux, par exemple en banlieue. Cela favorisera donc ce segment de l’immobilier.

En matière de logement, cette fois, craignez-vous l’éclatement d’une bulle spéculative ?

Jean-Hervé Lorenzi – Non, le risque n’existe pas car les gens vont continuer à investir dans ce segment du marché. Comme je l’ai dit plus haut, l’immobilier redevient une valeur refuge. En conséquence, les prix vont simplement se stabiliser.