Décideurs en région : Vous avez remporté le prix du jury du concours de start-up EngrainaGES. Qu'est-ce que ce type de distinction apporte concrètement à un jeune startuppeur comme vous ?

Sylvain-Matthieu Boyer : Cela permet de gagner tout à la fois en visibilité, via les médias, et en crédibilité. Nous sommes en train de lever des fonds et c'est forcément un plus de gagner un concours devant 52 autres start-up, face à un jury composé de références telle la Caisse d'Epargne. C'est, en outre un appui financier intéressant. Les 5 000 euros que nous avons reçus vont nous aider à financer notre prochain déplacement dans un salon, à New-York, fin août.

Enfin, l'événement m'a permis de rencontrer des personnes intéressantes, de recevoir des conseils précieux. La dimension « réseau » est présente. Je suis par exemple entré en contact avec une entreprise qui a créé un incubateur proche de chez moi. Je vais probablement travailler avec eux.

Vous avez lancé votre marque, Les Ateliers d'Aubusson, en septembre 2015. En quoi votre entreprise a-t-elle su faire preuve d'innovation face aux sociétés déjà en place en Creuse dans le secteur de la tapisserie ?

Notre volonté est d'allier savoir-faire et innovation. Nous fabriquons tous nos produits (coussins, tapisseries, tapis, paravents) sur place tout en essayant de proposer une offre complémentaire plus adaptée à des habitats contemporains, des volumes plus petits et à des prix davantage en adéquation avec le pouvoir d'achat actuel. Un accent très fort est mis sur le design contemporain. C'est avec ces fils directeurs que nous avons lancé une collection grand public. Et, dans le même temps, nous avons toute une offre sur-mesure dédiée qui est déclinée pour l'hôtellerie, les bars, la restauration. Nous travaillons également sur d'autres marchés comme l'aviation business, afin de parvenir par exemple à « placer » nos coussins dans ces jets.

Qu'en est-il de la production des pièces elle-même ?

Nous pouvons faire du 100 % fait-main, dans la tradition. Mais nous nous penchons aussi sur une nouvelle approche du métier. Nous travaillons ainsi avec des spécialistes du « point numérique ». La numérisation des images va nous permettre de répondre plus rapidement aux demandes, avec un travail « au pixel », plus précis. L'assistance semi-mécanique permet au final de réduire le temps de production, ce qui a un impact positif sur le prix du produit final.

Vous avez 27 ans. Pourquoi avez-vous souhaité vous orienter dans cette branche pour créer votre entreprise ?

J'ai toujours eu cette volonté d'entreprendre. Et, en me rendant à l'étranger, j'ai pris conscience de l'attrait du savoir-faire français. Je me suis rendu compte que des consommateurs étaient prêts à payer pour cela et que, face à la déshumanisation des productions, il était important de chercher à revaloriser une histoire, une tradition. Nous avons donc, mon associé et moi, décidé de créer toute une gamme de décoration.

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