Face à la crise et à la concurrence de la vente en ligne, investisseurs et promoteurs conçoivent des commerces plus axés sur la convivialité, le plaisir et le service…

Quelques semaines après son ouverture, le centre commercial Atoll, ouvert près d’Angers en avril dernier, avait déjà reçu la visite de plus d’un million de personnes. Idem pour le centre Confluence Lyon inauguré à peu près à la même date ou, encore, simultanément, celui de la gare Saint-Lazare à Paris. Ainsi, malgré la crise et la concurrence croissante de la vente en ligne, ce type de commerce continue de séduire les consommateurs.

Pas étonnant, dans ces conditions, que 2012 en voit neuf surgir de terre et 13 rouvrir après rénovation, tandis que 2013 en comptabilisera respectivement 20 et 21. D’ailleurs, Procos, la fédération du commerce spécialisé, avait, au début de l’année, recensé, auprès d’une soixantaine de promoteurs, 7 millions de m² de projets d'ici à cinq ans, dont le quart en Ile-de-France.

Des bases nouvelles

Mais attention, ces projets sont conçus sur des bases nouvelles. Mercialys, par exemple, la foncière qui gère pour l’essentiel les galeries commerciales et les cafétérias attenantes aux grandes surfaces du groupe Casino, a développé un concept baptisé L’Esprit Voisin. Il se traduit notamment par une architecture et des matériaux caractéristiques de la région ou, encore, par des services aux clients tels que des points wifi, des bibliothèques et des espaces enfants.

La fin des « boîtes »

L’ère de la construction des célèbres et tristes « boîtes » situés aux abords des villes est bien terminée. Les nouveaux centres commerciaux deviennent des œuvres architecturales confiées à des professionnels renommés à l’image de Jean-Michel Wilmotte chargé par Unibail-Rodamco de transformer les anciens docks rouennais en centre commercial et de loisirs.

La foncière a également voulu distinguer cette nouvelle génération de centres commerciaux en créant le label 4 Etoiles qu’elle a attribué pour la première fois à celui de Confluence Lyon. « Les gens en ont assez qu'on répète les mêmes concepts, ils veulent de la diversité, de l'émotion, de la sensualité », affirme Guillaume Poitrinal, son président du directoire. En d’autres termes, il faut des endroits où l’on vient « pour le plaisir et non plus seulement pour l’achat ». Surtout quand s’y ajoutent des services que l’on peut qualifier de luxe tels que voituriers, manucures, iPads, prêts de jouets et autres conseillers en achats.

Signe de l’évolution des centres commerciaux, la Compagnie de Phalsbourg, investisseur, promoteur et gestionnaire de cette catégorie de biens immobiliers, a choisi comme slogan : « Pour changer les entrées de ville ». Philippe Journo, son président, se félicite du succès de son bébé Atoll. « Les taux de satisfaction sont très importants, ce qui nous conforte dans notre volonté de réaliser des sites de qualité exceptionnelle, très au-dessus des standards actuels du marché des « retail-parks » européens », indique-t-il.

Un label consensuel

Enfin, toujours dans le souci de valoriser les parcs d'activité commerciale d'entrées de villes, le Conseil national des centres commerciaux (CNCC), qui fédère notamment promoteurs, propriétaires, gestionnaires, enseignes, prestataires, a créé le label Valorpark. Il est attribué selon six critères : l’accessibilité, la signalisation, la convivialité, l’architecture, le respect de l’environnement et la sécurité. Les centres commerciaux sont décidément entrés dans une nouvelle ère.

Un crédit-bail pour financer Atoll

Inauguré en avril 2012, le centre commercial Atoll à Angers abrite 60 enseignes, neuf restaurants et 2 700 places de parking sur 71 000 m². Le coût de ce nouveau pôle s’élève à 128 millions d’euros.

La Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire s’est associée à son financement, via sa filiale de crédit-bail immobilier Batiroc Bretagne Pays de Loire.



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