Les Pôles territoriaux de coopération économique (PTCE) permettent aux entreprises de l'économie sociale et solidaire de se regrouper et donc d’être plus performantes. Explication de ce nouveau dispositif.

La création de Pôles territoriaux de coopération économique (PTCE) faisait partie des « 60 propositions pour une autre économie », un ouvrage collectif paru en 2010, piloté par le Labo de l'économie sociale et solidaire (ESS). L'idée fut plébiscitée lors des États généraux de l'ESS, en juin 2011, et aboutit au lancement, en septembre, d'un appel à projets pour la création d'un  premier cercle témoin de PTCE.

« Nous avons reçu plus de 150 candidatures en un mois, et avalisé à ce jour 20 pôles référentiels : un PTCE fédère et structure, sur un territoire donné, acteurs de l'économie sociale et solidaire, chercheurs, TPE, PME, collectivités territoriales, pour travailler ensemble sur une filière, un secteur, un projet.

Pour construire une dynamique d'échange et de coopération, telle qu'il peut s'en créer au sein des clusters ou des pôles de compétitivité », résume Françoise Bernon, déléguée générale du Labo de l'ESS.

Le PTCE permet de mutualiser les moyens

Les PTCE ont d'abord vocation à enclencher ou amplifier la dynamique interne. « Le «label» PTCE est une forme de reconnaissance du travail accompli par les salariés, les partenaires, les bénévoles, et donc un élément de motivation. Et puis la constitution en pôle est l'occasion de traiter des questions fondamentales : quels partenaires pour quels projets ? Quels moyens ou quels services mutualiser ? Quelles entreprises sociales créer ?

Le PTCE permet un renforcement de la structure », souligne Armand Rosenberg, directeur général de Val Horizon, un groupe d'entreprises sociales, membre du pôle territorial Val de Saône Dombes (recyclage, crèches, chantiers d'insertion, centres sociaux...), qui emploie 150 personnes, pour un budget de 4 millions d'euros en 2011.

Échanger avec d’autres pôles

Ce PTCE, comme les 19 autres récemment formalisés, enregistre également les premiers bénéfices d'une collaboration avec les autres pôles. « C'est un échange très productif, à tous les niveaux : réalisation de projets communs, confrontation de nos approches et stratégies de développement...Nous sommes pour notre part inspirés par la démarche de 3 autres pôles témoins, proches de nos problématiques », précise Jean-Pierre Martin, porteur du PTCE Niortais, qui accompagne l'émergence d'activités (incubateur de projets, restaurant d'entreprise, coopérative de consommateurs...) pour combler le vide laissé par le dépôt de bilan de la Camif, en 2008. « Et puis, en limitant l'éparpillement, en regroupant nos forces, nos idées, nous devenons beaucoup plus visibles des acteurs économiques et sociaux, au premier rang desquels les collectivités territoriales», ajoute Jean-Pierre Martin.

En Rhône Alpes, par exemple, Val Horizon s'est associé avec 3 autres pôles pour organiser les « Rencontres régionales des PTCE », qui ont attiré plusieurs dizaines de responsables territoriaux. « Les collectivités sont très intéressées, engagées dans le développement d'une économie solidaire, non délocalisable. Et ce d'autant plus qu'elles peuvent s'appuyer sur des pôles représentant une certaine taille, avec une dynamique d'emplois et de projets », remarque Armand Rosenberg.

Reste à transformer l'essai, en obtenant une labellisation nationale, et les financements assortis, à l'égal des pôles de compétitivité. «Un processus qui doit recueillir l'agrément de nombreux ministères. Celui de l'économie sociale et solidaire est d'ores et déjà très intéressé», conclut Françoise Bernon.

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