Décideurs en région : Qu’est-ce-qu’une « blockchain » ?

Claire Balva : Apparue en 2008, la blockchain est une technologie en ligne de stockage et de transmission d’informations sécurisée, transparente fonctionnant sans organe de contrôle. Une blockchain désigne le registre de toutes les transactions qui ont eu lieu depuis la création de cette dernière. Ce registre n’est pas stocké sur un serveur central, mais sur tous les ordinateurs des « nœuds » qui valident les transactions. Il est ainsi infalsifiable et vérifiable par tous.

Quelles pourraient être les conséquences sur le secteur de la finance ?

Facilitant le processus de transactions en les rendant plus sécurisées, rapides et à moindre coût, la blockchain pourrait permettre de désintermédier de nombreux processus financiers. C’est pourquoi elle est parfois perçue comme une alternative au système bancaire traditionnel. Cependant, la blockchain peut aussi être une opportunité pour les banques car elle leur offre la possibilité de diminuer leurs frais d’infrastructure (économies de temps, de personnel et donc d’argent), allant jusqu'à leur faire économiser 15 à 20 milliards de dollars par an d’ici 2022.

Le ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, a annoncé une expérimentation concernant la blockchain. Quels en seraient les avantages pour les PME et PMI ?

La blockchain permettra d’enregistrer les transactions associées dans un registre distribué de manière sécurisée et rapide, rendant plus souple le financement des PME. La mise en place d’un registre distribué devrait par ailleurs rendre plus aisé, pour le régulateur, l’audit des intermédiaires de financement participatifs. C’est un élément qui n’est sans doute pas pour rien dans la décision de Bercy d’encourager le déploiement de la blockchain sur ces sujets.

De manière plus générale, peut-on imaginer une démocratisation de ce type de financement pour les PME et à quel horizon ?

Certainement, mais il faudra probablement attendre un ou deux ans avant une utilisation « démocratisée ». Dans tous les cas, c’est une bonne nouvelle que le gouvernement ouvre ce type de perspectives.

 

BERCY DIT OUI À L’EXPÉRIMENTATION DES BLOCKCHAINS POUR LE FINANCEMENT DES PME (Source : Blockchain France)

Emmanuel Macron a annoncé en mars dernier une adaptation de la réglementation financière afin de permettre l’expérimentation de blockchains dédiées au marché des bonds de caisse.

Pour rappel, les bons de caisse constituent des engagements à rembourser, émis par des sociétés en échange d’un prêt, et acquis par des particuliers. Au terme du prêt, généralement d’un mois à cinq ans, le particulier est remboursé du nominal et perçoit en plus le montant des intérêts fixés initialement.

Le gouvernement a donc décidé d’avancer vers la dématérialisation de cet outil de financement, et d’en faciliter la standardisation par l’émergence d’un registre commun qui en permettra le déploiement sur les plateformes de financement participatif.

Un financement plus souple des PME

La mise en place d’un registre distribué devrait a priori rendre plus aisé pour le régulateur l’audit des intermédiaires de financement participatifs.

Il s’agit là d’un élément qui a compté dans la décision de Bercy d’encourager le déploiement de la blockchain sur ces sujets, puisque la protection de l’investisseur-prêteur et la solidité des plateformes constituent aujourd’hui des enjeux-clefs pour le financement participatif.

Le gouvernement jugera à terme si les initiatives sont concluantes et pourra réfléchir à introduire le même type de cadre réglementaire ailleurs, par exemple pour les titres non cotés. À suivre.

Pour en savoir plus : BlockchainFrance.net

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