Proposée dans les années 80 par Ray Oldenburg, un sociologue américain, la notion de tiers-lieu se rapporte à des espaces au sein desquels les personnes peuvent échanger de manière informelle.

Lieux de rencontre, de partage et de convivialité, ils permettent de réunir aussi bien des professionnels, des artistes, des pairs que de simples habitants, en offrant de nouvelles modalités de coopération plus horizontales. Des lieux alternatifs sont ainsi dédiés à la réparation d’objets cassés. Les FabLabs, véritables laboratoires de fabrication artisanaux et ouverts à des profils très divers, permettent quant à eux de réaliser ses propres créations en 3D, grâce à la mise à disposition de machines et d’outils. Qu’il s’agisse de lieux de création ou d’espaces de coworking, les tiers-lieux se caractérisent par une communauté d’intérêts et de valeurs.

En même temps qu’ils autorisent de nouveaux rapports de production, les tiers-lieux contribuent à rompre l’isolement auquel sont souvent confrontés les individus, qu’ils soient entrepreneurs, freelances ou simples citoyens.. Contournant les cadres parfois rigides de l’entreprise traditionnelle, ces espaces proposent au contraire un cadre convivial, propice à la création de lien social. 

Alors que les tiers-lieux sont relativement nombreux dans les grandes agglomérations, leur création est encouragée par les pouvoirs publics dans les zones rurales, qu’elles permettent de dynamiser. Si leur présence aux côtés des espaces de production traditionnels reste encore marginale et relativement méconnue, on observe toutefois un véritable mouvement de fond qui voit le nombre de tiers-lieux se multiplier depuis une dizaine d’années.

« Un tiers-lieu ne se définit pas par ce que l’on en dit mais par ce qu’on en fait ».

Cette phrase mise en exergue du manifeste des tiers-lieux annonce la couleur : la philosophie des tiers-lieux s’inscrit dans la culture du « faire » et de la coconstruction, chère aux tenants de l’open source. À l’origine de ce manifeste, le Movilab défend une vision pragmatique de l’innovation sociale. À lire sur Movilab.org

Les bureaux du futur ?

Selon l’ORIE, entre 20 % et 25 % des actifs franciliens travailleront dans des tiers-lieux en 2030. Cette mutation des modes de travail, permise par la généralisation des usages numériques, fait bouger les lignes. La mutualisation des ressources permet par exemple à de jeunes entrepreneurs de s’affranchir de la contrainte exercée par la flambée des prix de l’immobilier. Elle favorise également l’émergence d’un nouveau rapport au travail - plus souple, moins hiérarchique – mais aussi à la ville et à l’innovation. À lire sur Maddyness.com

Un vecteur d’attractivité pour les territoires ruraux

Depuis 2012, de nombreuses mesures ont visé à soutenir la création de tiers-lieux. En favorisant la présence d’actifs et en améliorant l’accès aux services publics, le Gouvernement souhaite développer les interconnexions territoriales et désenclaver certains territoires. À lire sur Lejournaldeleco.fr

Dans les campagnes : rompre l’isolement et recréer du lien

Le développement des tiers-lieux dans les territoires ruraux permet aux administrés de créer de nouvelles sociabilités et de bénéficier de nouveaux services, tout en raccourcissant les temps de trajet entre le domicile et le lieu de travail. Pour Adrien Boisevésy, directeur du Phare, un espace de coworking situé dans le Limousin, cette convivialité est cruciale. À lire sur Lepopulaire.fr

L’action publique en faveur de la création de tiers-lieux

Un rapport publié en novembre 2015 par le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) appelle à la mise en œuvre d’une véritable stratégie publique sur le télétravail. Cette initiative rejoint ainsi celle de Travailler Autrement, une association dont le but est de sensibiliser les acteurs publics et privés aux nouvelles formes d’organisation du travail. Outre un plan de labellisation, des mécanismes fiscaux sont envisagés pour favoriser les investissements dans les tiers-lieux. À lire sur Weka.fr

Les universités adoptent les tiers-lieux pour favoriser l’interdisciplinarité

Pour Éric Chérel, directeur du numérique de l'université Paris-Descartes, les universités ont tout intérêt à  développer des tiers-lieux permettant de favoriser la collaboration des étudiants avec des chercheurs de différentes disciplines, ainsi qu’avec des entreprises innovantes.  À lire sur Letudiant.fr

Un marché en pleine croissance mais au modèle économique encore flou

En février 2016, le CROCIS (Centre Régional d’Observation du Commerce, de l’Industrie et des Services) recense 138 tiers-lieux en Île-de-France, dont plus de la moitié se situe à Paris. Mais dans ce marché très récent - au modèle économique encore hésitant-, la question de la pérennité de ces espaces se pose. À lire sur Cci-Paris-idf.fr

Comment facturer les services offerts par les tiers-lieux ?

L’élaboration d’un business model viable est primordial pour assurer la pérennité économique d’un tiers-lieu. Comment facturer les services généralement offerts par ces lieux (local, mobilier, accès internet, imprimantes, etc.) sans trahir l’âme du lieu ? À lire sur Lescahiersdelionnovation.com

L’exemple de TCRM-Blida à Nancy

A Metz, la Caisse d’Epargne soutient et finance un projet d’envergure : le tiers-lieu TCRM-Blida, une pépinière d’entreprises qui soutient les start-up dans les domaines de l’art, des médias et du numérique. Ce montage innovant, associant acteurs publics et privés, devrait aboutir à une levée de fonds de 11 millions d’euros, permettant au cluster Lor’n Tech de se positionner comme un acteur majeur dans l’économie du numérique. À lire sur Republicain-lorrain.fr

Création d’un tiers-lieu : infographie

Pour ceux qui souhaiteraient sauter le pas, la Coopérative des Tiers-Lieux a réalisé un mode d’emploi en forme d’infographie, organisée autour de six étapes-clés. À lire sur Netpublic.fr

 

  

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