De Barack Obama à Anne Hidalgo, les politiques ne s’y trompent pas, multipliant les signes de soutien à cette nouvelle économie. Alors que le président américain participait la semaine dernière au SXSW, - l’événement de référence pour les acteurs de la musique, du cinéma, de l’innovation et des nouvelles technologies -, la maire de Paris inaugurait au même moment le Cargo, un bâtiment de 15 000 m² entièrement dédié à l’innovation, aux contenus numériques et aux industries créatives, pensé pour faire de la capitale française la ville de référence en la matière au niveau européen.

En France, le secteur générait en 2013 un chiffre d’affaires de 74 milliards d’euros, pour 1,3 millions d’emplois générés (source : 2e Panorama de l’économie de la culture et de la création en France, EY). Qu’il s’agisse de dynamiser leur économie ou d’améliorer leur image, de plus en plus de collectivités cherchent à tirer parti des industries créatives.

Cette tendance n’est pas sans effet, à la fois sur le développement des territoires mais aussi sur les modes de travail ou encore sur ce qu’on a coutume d’entendre par “créativité”. Du fait de leur proximité avec l’économie culturelle, les problématiques liées aux industries créatives soulèvent en fait des enjeux multiples, à la croisée de l’art, de l’économie et de la politique.

Les industries créatives : une définition extensive de la culture

Les industries créatives regroupent tous les contenus dits « créatifs ». Autrefois appelée « industrie culturelle », cette économie englobe à présent aussi bien le cinéma, l’édition, la musique et l’imprimerie, que la publicité, la mode et la bijouterie. À lire sur Wikipedia.fr

De l’économie créatrice à l’économie créative : un bouleversement majeur

Depuis la révolution agricole et industrielle, notre modèle productif repose sur une économie dite « créatrice », tirant ses ressources principalement des matières premières. La tertiarisation de nos sociétés a engendré l’émergence d’une économie du lien, caractérisée par le poids croissant de la technologie, de la finance et des industries culturelles. En valorisant les intelligences collectives, cette évolution  redistribue les cartes, y compris d’un point de vue géostratégique. À lire sur Huffingtonpost.fr

Une vraie contribution à la croissance

En 2011, les activités directes et indirectes liées aux industries créatives représentaient 6,8% du PIB européen (source : étude Tera Consultants).  Ce chiffre témoigne de la solidité des industries culturelles et de leur participation à la croissance. Cette contribution économique est d’autant plus significative qu’elle intervient alors que les industries créatives ont dû faire face à une mutation de leurs modèles économiques. À lire sur Huffingtonpost.fr

Un secteur boosté par le numérique

Le développement des usages numériques a bouleversé les industries culturelles. La démocratisation des outils a notamment permis aux internautes de participer à la création ainsi qu’au partage de biens et de services. Cette évolution des pratiques culturelles, fondée notamment sur le partage et le “Do It Yourself”, redéfinit ce qu’on entendait jusqu’ici par “artiste” et “public”. Elle n’en reste pas moins féconde sur le plan économique. À lire sur Meta-media.fr

Les industries créatives, levier du développement territorial

À l’image du Cargo - l’incubateur parisien plaçant Paris à la pointe des villes les plus attractives en matière d’accompagnement des start-up -, les collectivités intègrent de plus en plus les industries créatives à leur marketing territorial. A lire sur Itespresso.fr

Le cluster Primi et la logique des réseaux

Au-delà des logiques territoriales, les acteurs du cluster Primi - rassemblant les entreprises et organismes professionnels relevant des industries créatives et de la création numérique - n’hésitent pas à s’inscrire dans une logique de collaboration au niveau international. Leurs représentants étaient ainsi présents au SXSW pour présenter leur savoir-faire et nouer d’éventuels partenariats. À lire sur Latribune.fr

Les limites d’un modèle

La notion de « classe créative », développée par des chercheurs tels que Richard Florida a connu un certain succès depuis 2002. Elle a eu pour effet de cristalliser la croyance en une toute-puissance de la culture au service de la ville, censée attirer de nouveaux talents créatifs. Soumise à l’épreuve des faits, cette théorie commence à être relativisée : elle aboutirait à une conception élitiste de la ville, générant conflits d’usage et ghettoïsation, par un effet de gentrification. À lire sur Observatoire-culture.net

  

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