L’un des premiers cas d’obsolescence programmée connu est le bas nylon. « Trop » résistant en 1940, les ventes s’effondrent. L’entreprise Dupont décide de modifier leur composition afin qu’ils filent plus vite. Depuis, la plupart des objets qui nous entourent sont fabriqués de sorte à ne durer qu’un temps déterminé, à l’image de nos lave-linges quasiment irréparables et programmés pour une dizaine d’années.  

Pour lutter contre ces dérives, une proposition de loi est déposée au Sénat en 2014, fruit de plusieurs mois de discussions avec les associations de consommateurs. La loi consommation oblige le fabricant ou l’importateur de biens meubles à afficher la période pendant laquelle le client pourra se procurer les pièces détachées. Cet arsenal législatif se voit renforcé en 2015 avec la loi sur la transition énergétique, faisant de l’obsolescence programmée un délit passible de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende.

Cependant, peu d’entreprises jouent le jeu, et ces lois semblent difficilement applicables, notamment sur les produits d’importation. À défaut, des associations de consommateurs, des tiers-lieux et des start-up s’engouffrent dans la brèche en proposant des alternatives : réparation, récup’, remise en état, etc. Et certaines grandes enseignes font de la durabilité de leurs produits un nouvel argument de vente.

Les 7 techniques d’obsolescence programmée

Obsolescence par défaut fonctionnel, par incompatibilité, indirecte, par notification, par péremption, esthétique, et même écologique ! Au moins 7 techniques existent pour inciter ou obliger le consommateur à remplacer un produit. De la date limite de consommation (DLC) des yaourts en passant par les ampoules écologiques, aux  chargeurs de smartphones, tous les objets de notre quotidien sont concernés. À lire sur Sudouest.fr

Un levier économique d’innovation ?

Véritable stratégie marketing, l’obsolescence programmée peut apparaitre comme un levier économique et d’innovation. Cette course à la compétitivité obligerait les entreprises à toujours plus innover pour proposer des produits plus performants. Pourtant, plus que de réelles ruptures technologiques, les innovations se réduisent bien souvent à quelques améliorations techniques, à l’image de nos smartphones. À lire sur Marketing-professionnel.fr

Des entreprises qui jouent le jeu

Les deux géants de l’électroménagers, Seb et Rowenta ont décidé de faire de la réparabilité un argument de vente. Pendant 10 ans, les deux groupent s’engagent à conserver les pièces détachées de leurs produits. Plutôt que de jeter leurs appareils défectueux, les consommateurs pourront les réparer avec l’assurance que la pièce détachée ne coûte pas plus de 50 % du produit neuf. À lire sur Lefigaro.fr

L'obsolescence programmée psychologique ou esthétique, corollaire des effets de mode

L’obsolescence programmée esthétique implique des effets de tendance, de mode. Plus diffuse, moins repérable, elle joue sur la psychologie des consommateurs. En proposant un nouveau modèle de smartphone chaque année, la marque à la pomme ringardise la précédente version. Posséder le produit dernier cri, profiter des améliorations : l’utilisateur se sépare lui-même de son smartphone, pourtant encore en état de marche. À lire sur Journaldugeek.com

L’étiquetage de la durée de vie d’un produit, vendeur?

Selon une enquête du Comité Économique et Social Européen, une durée de vie d’un produit accrue par rapport à celle des concurrents aurait un impact significatif sur la décision d’achat (entre +18 % et + 28 %). Les biens qui connaissent des évolutions rapides sont cependant les moins concernés, comme les smartphones. Côté consommateurs, les variables sociologiques ont également une influence : les jeunes, les femmes et les plus diplômés sont plus sensibles à cet argument de vente. À lire sur Actu-environnement.com

Les nouveaux réparateurs 3.0

À l’heure du tout jetable, des réparateurs 3.0 donnent une seconde vie à vos objets. Des start-up comme Save ou WeFix contournent le quasi-monopole des fabricants d’ordinateurs ou de smartphones en proposant des réparations à des prix attractifs, des possibilités d’intervention multipliées et des temps de traitement raccourcis. Dans un esprit plus collaboratif, des tiers-lieux comme la Recyclerie vous permettent même de réparer vos objets vous-même ! À lire sur Maddyness.com

Impact écologique

La surconsommation n’impacte pas seulement le portefeuille des consommateurs, mais aussi la planète ! Plus de 25 minerais sont nécessaires pour fabriquer un smartphone, impliquant des pièces toxiques et rarement recyclables. Avec 7 milliards d’êtres humains sur terre et des pays émergents avides de nouvelles technologies, la question de notre course à la consommation se pose. À lire sur Lexpansion.lexpress.fr

  

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