Décideurs en région : Pourquoi les plages représentent-elles aujourd’hui un enjeu économique pour les communes ?

Renaud Lagrave : Parce qu’elles sont soumises à plusieurs facteurs de réflexion. Le premier point, c’est la notion de service, c’est-à-dire la plus-value qu’elles doivent amener sur leur territoire pour rester attractives. Les touristes veulent aujourd’hui de plus en plus de services disponibles dans les stations balnéaires.

Le deuxième point, c’est la gestion des risques en matière de submersion et d’érosion qui obligent les communes à investir dans des aménagements mobiles –comme le projet de poste de secours mobile en pin maritime dont l’installation sera achevée à Biscarrosse le 2 juillet.

Enfin, les stations littorales créées il y a plus de quarante ans ont besoin d’un rajeunissement, d’une mise aux normes en termes d’accessibilité notamment.

© GIP LITTORAL AQUITAIN

DER : Le GIP littoral aquitain s’est beaucoup investi sur toutes ces questions. Comment cela se concrétise-t-il en matière de déplacements doux ?

Renaud Lagrave : Dans le cadre du plan de développement durable du littoral aquitain, adopté par le GIP en 2009, la question de l’innovation est centrale. L’idée qui nous a guidé étant : « Innover pour réinventer notre destination ».

Nous avons donc travaillé avec les collectivités sur la question, entre autres, de l’accessibilité. Des navettes, utilisées par ailleurs toute l’année, sont à la disposition des usagers et évitent ainsi l’afflux de véhicules à proximité des plages. Les vacanciers pourraient également bénéficier d’un parc de location de vélos électriques. Nous travaillons également sur un modèle prédictif des flux pour produire une donnée qui permettra demain de donner un niveau d’affluence des plages.

DER : Et côté services ?

Renaud Lagrave : Côté services, nous avons mis en relation les collectivités gestionnaires avec des entreprises qui proposent des casiers pour que les touristes puissent laisser leurs affaires en toute sécurité. Nous avons également proposé des toilettes sèches, des douches solaires ou encore des poubelles entièrement reconditionnées. En ce qui concerne la protection des personnes, nous menons une expérience pilote sur la prévention de la noyade.

Les communes doivent s’adapter aux attentes des touristes en leur proposant toujours plus de services. Des services qui aujourd’hui respectent l’environnement et répondent aussi aux besoins des publics qui vivent toute l’année sur le territoire.

© GIP LITTORAL AQUITAIN

DER : Quel cadre le GIP offre-t-il aux communes pour mettre en œuvre ces aménagements ?

Renaud Lagrave : Dans un premier temps, nous procédons à un état des lieux en collaboration avec les collectivités. À partir de ce constat, nous établissons un schéma régional que nous appliquons localement, c’est-à-dire que les collectivités s’en emparent et s’en inspirent pour mettre en œuvre leurs dispositifs. Le GIP intervient ensuite au niveau technique et les accompagne pour qu’elles puissent atteindre leurs objectifs et répondre à leurs besoins.

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