Jean-Louis Yang dirige avec Jérôme Siat la société Alphitan-Oméga, groupe aquitain, spécialiste de la maintenance industrielle de systèmes électriques tournants, depuis 2007. Une codirection, fruit du professionnalisme et de la complémentarité des deux hommes. 

Qu’est-ce qui vous a rapprochés et décidés d’engager un projet à deux plutôt qu’individuellement ?

Jean-Louis Yang : Avec Jérôme, mon associé, nous nous connaissons depuis de nombreuses années. Nous avons le même creuset de valeurs professionnelles, ayant travaillé ensemble chez KPMG Peat Marwick. Nous avons aussi cofondé en 2004 un cabinet de consulting PMP avant de faire l’acquisition en décembre 2007 d’Alphitan-Oméga. Nous avions ce projet commun d’entreprendre. Avec une envie, un challenge : se confronter et mieux se connaître.

Comment se déroule votre collaboration ?

Jean-Louis Yang : Au quotidien, tout se passe très bien. C’est un projet qui a été clairement défini dès le début. Etant tous deux originaires de l’Est de la France (Jérôme de Mulhouse et moi de Verdun), nous avons des valeurs communes de respect, de confiance, de dialogue, de communication, de simplicité et, surtout, d’engagement.
Quand nous nous investissons, nous nous donnons entièrement. Nos intérêts étant répartis de façon équitable (50/50), nous sommes embarqués sur le même bateau avec cette envie furieuse de réussir notre projet, de faire avancer la société dans le même élan, en prenant les bonnes décisions. Il n’y a pas d’ego personnel.
Aucun de nous deux ne cherche à tirer la couverture à lui. Lorsque nous ne sommes pas d’accord sur certains sujets, nous échangeons et discutons.

Quels avantages avez-vous trouvé à la constitution d’un binôme ?

Jean-Louis Yang : Diriger à deux est un véritable atout et une réelle force pour notre PME.
Tout d’abord, la capacité de travail est doublée. Ensuite, la complémentarité, chacun possédant une formation spécifique.
De ce fait, nous avons une vision et une approche différentes des sujets, c’est une richesse. Souvent les chefs d’entreprise sont seuls avec eux-mêmes pour prendre des décisions. Etre à deux permet d’avoir plus de recul, de réflexion. Nous passons beaucoup de temps ensemble.
Nos bureaux se jouxtent, nous entendons les conversations respectives et nous réalisons un débrief tous les soirs pour évoquer les thématiques, les difficultés rencontrées.

Vous parliez de complémentarité. Quelles sont les responsabilités de chacun justement ?

Jean-Louis Yang : Jérôme a fait des écoles d’ingénieur à l’Icam à Lille. Et moi, une école de commerce à Paris. Jérôme s’occupe donc des aspects opérationnels, techniques, du commercial, des achats. Et moi, je gère l’aspect juridique, comptabilité.
En revanche, la stratégie de l’entreprise, nous la définissons à deux, après, en fonction des compétences de chacun, nous répartissons les tâches.

Les recettes d’une bonne collaboration

La communication demeure un point essentiel, insiste Jean-Louis Yang.  « Nous sommes 180 dans le groupe.  Il est primordial que chacun de nos cadres responsables sache à qui s’adresser sur tel ou tel sujet, et identifier clairement l’interlocuteur ».
Second aspect pour  une collaboration durable et fructueuse :  « cloisonner vie privée et vie professionnelle ». « Je passe déjà beaucoup de temps avec mon associé, plus qu’avec mon épouse », reconnaît Jean-Louis Yang. 
Et enfin, une mentalité commune  de winner. « Nous gagnerons ou nous perdrons ensemble », conclut ce dernier.